Le chapitre VII de “L’Iran ; déçu mais debout “ intitulé “L’Iran sous Rouhani Acte VI – Défis économiques pour le président réélu”, se concentre sur les défis économiques auxquels Hassan Rouhani est confronté après sa réélection en 2017.
Contexte économique :
Rouhani a été élu en 2013 sur la promesse de redresser l’économie iranienne, mise à mal par les sanctions internationales et la mauvaise gestion de son prédécesseur, Mahmoud Ahmadinejad. L’accord nucléaire de 2015 a permis une levée partielle des sanctions et une reprise de la croissance économique, mais les résultats concrets pour la population ont été limités. L’inflation a diminué, passant de 34% en 2013 à moins de 10% en 2016, et les exportations de pétrole ont augmenté. Cependant, le chômage reste élevé, en particulier chez les jeunes, et la création d’emplois est devenue une priorité pour le second mandat de Rouhani.
Promesses et critiques des adversaires :
Lors de la campagne présidentielle de 2017, les candidats conservateurs, Mohammad Bagher Ghalibaf et Ebrahim Raïssi, ont critiqué le bilan économique de Rouhani et ont fait des promesses ambitieuses pour lutter contre le chômage. Ghalibaf a promis de créer 5 millions d’emplois et Raïssi, 1 million d’emplois par an. Ces promesses ont mis la pression sur Rouhani pour qu’il présente un plan économique concret et efficace.
Obstacles à la croissance économique :
Plusieurs obstacles freinent la croissance économique de l’Iran :
- La dépendance à l’industrie pétrolière : L’économie iranienne reste très dépendante des revenus du pétrole, ce qui la rend vulnérable aux fluctuations des prix du marché mondial et les embargos internationaux.
- Le manque d’investissements étrangers : Malgré la levée partielle des sanctions, les investisseurs étrangers restent prudents en raison de l’instabilité politique et des difficultés à faire des affaires en Iran.
- Les problèmes structurels de l’économie iranienne : L’économie iranienne souffre de problèmes structurels, comme la corruption, le manque de transparence et un secteur public trop important.
Personne n’a prévu Tremp
Mai 2018 : Donald Trump annonce le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire. En quelques semaines, l’économie iranienne, déjà fragile, s’effondre sous le poids de nouvelles sanctions. Hassan Rouhani, qui incarnait l’espoir d’une normalisation, voit son œuvre diplomatique réduite à néant. Le rêve d’ouverture se transforme en cauchemar.
Janvier 2020 : l’assassinat du général Soleimani par les États-Unis et la destruction accidentelle du vol PS752 plongent l’Iran dans le deuil et la colère. RoohSavar donne la parole aux victimes, aux familles endeuillées, mais aussi à ces Iraniens ordinaires qui refusent de céder au désespoir. Les récits de solidarité, de résistance et d’inventivité face à la répression témoignent de la vitalité d’une société civile en quête de justice.
Ce chapitre, dense et poignant, révèle la complexité d’un pays pris en étau entre pressions extérieures et blocages internes. Il invite à réfléchir sur la capacité de résilience d’un peuple qui, malgré tout, continue d’espérer.
Le chapitre VIII conclut en soulignant que le second mandat de Rouhani est jugé sur sa capacité (ou incapacité) à créer des emplois et à améliorer le niveau de vie de la population. La réussite de ses réformes économiques est cruciale pour la stabilité politique et sociale de l’Iran. Si les attentes économiques de la population ne sont pas satisfaites, les réformistes risquent de voir les conservateurs revenir au pouvoir en 2021.
Pour comprendre comment l’Iran a traversé ces années de plomb, plongez dans “L’Iran ; déçu mais debout !”
L’Iran ; déçu mais debout
Cet ouvrage analysant la complexité de la société et du régime iranien à travers différents angles, mettant en lumière les contradictions entre l’image projetée à l’international et la réalité vécue par la population.
L’auteur, à travers son expérience de journaliste mais aussi ancien activiste politique, souligne la richesse de la presse iranienne et la pauvreté du traitement médiatique occidental, accusé de “misérographie des Autres”. L’analyse critique de la représentation médiatique occidentale de l’Iran, est confrontée à l’évolution interne du pays, marquée par des alternances entre ouverture et répression, des luttes de pouvoir entre factions politiques (réformistes, conservateurs, populistes et ultraconservateurs), et l’impact des sanctions internationales et des interventions géopolitiques. L’ouvrage examine également la place des femmes iraniennes, le rôle de la religion et la tension entre les inspirations de l’ouverture face aux réactionnaires religieux, ainsi que l’évolution de l’économie et du paysage politique iranien.
Le livre explore plusieurs périodes clés de l’histoire iranienne, de la révolution de 1979 à l’ère post-Ahmadinejad, en passant par le mouvement vert et les manifestations de 2017 et 2019. Il examine les enjeux politiques (le rôle du Guide, le valayat-e faqih, les élections), économiques (la dépendance au pétrole, les sanctions occidentales), et sociaux (les droits des femmes, la société civile), tout en soulignant l’importance des sources internes et la nécessité de dépasser les clichés occidentaux pour une compréhension nuancée de l’Iran.
L’ouvrage se termine sur une analyse des élections présidentielles de 2024 et des défis auxquels fait face le pays, en particulier face à la “pression maximale” états-unienne et à l’évolution de la société iranienne.










